Le complexe de la poussette

Ce billet ne parlera pas de montagnes ou d’aventures rocambolesques. Ce billet, c’est notre quotidien puisqu’à chaque jour on en parle. Dans la catégorie des «Avoir su» et «J’aurais dû»: la poussette parapluie.

Achetée sur la route en allant prendre l’avion, elle est petite, légère, compacte. Sauf que. Sur une île où il pleut en moyenne 5 jours par année, où les vents arrivent directement de l’Atlantique et te font virevolter la jupette et le toupet; à cet endroit où le soleil plombe à partir de 7h du matin et où tu peux encore attraper un coup de soleil à 19h: une poussette parapluie ça ne sert à RIEN!

Naïfs, on s’est dit en l’achetant: «Au pire, on mettra de la crème solaire/des lunettes/un chapeau au bébé». Leçon numéro 1: la crème, ça a ses limites. Quant au chapeau, on l’a retrouvé dans le caniveau, accroché aux branches d’un arbre par un gentil passant ou dans la rue avec les souliers de bébé. Voyez-vous, nous avons une «Mademoiselle Liberté» qui n’est bien qu’en couche, le corps au grand vent (ça me rappelle vaguement quelqu’un!), les orteils qui respirent. Le timide pare-soleil de la poussette parapluie nous est d’aucune utilité. Et que dire des trottoirs en tuiles ou en céramiques? Notre poussette légère sans suspension, ça te secoue le bébé sur un vrai temps. Heureusement qu’elle se tient bien la tête.

Je vous entends: «Ce n’est pas si terrible»… C’est que vous n’avez pas vu les poussettes européennes! C’est là que le bas blesse! Double suspension, légères comme l’air, spacieuses (avec assez de rangement en dessous pour tout le bazar de la plage) avec ombrelle intégrée. Ces petites bêtes là roulent aussi bien sur les tuiles que dans le sable de la plage, font de l’ombre à ton bébé tout en laissant passer une légère brise. Classiques, elles traverseront le temps et les intempéries. Bref, les bébés européens roulent en Rolls Royce et notre mini se promène en Chevette. C’est mignon une Chevette. Mais pas tous les jours.

Notre système d’ombrelle versus l’ombrelle chic européenne.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Plan A? Plan B?

Vous voyagez avec un bébé? Oubliez le plan A et ne pensez même pas au plan B. Il faut se mettre au plan… Elle.

Elle est toute petite, mignonne à souhait. Elle fait des sourires à tout le monde, dit bonjour aux chiens, aux oiseaux, aux autres bébés, aux passants. Elle crie de bonheur quand le vent de la mer lui chatouille les orteils ou lorsqu’elle entend les vagues. Un bébé social et heureux.

Sauf que…

Le temps
Il prend une toute autre dimension. Vous prévoyez une randonnée, suivie d’une virée à la plage pour vous rafraichir? Pensez-y d’avance, faut préparer les bagages: des collations, des couches, du linge et encore du linge, pour des températures à 7 degrés en montagne ou à 25 degrés près de la mer, avec pluie, vent ou soleil, c’est ça la réalité de Tenerife.

Le dodo
Ne pensez pas faire une activité si vous avez sauté l’heure de la sieste. Si Lili n’a pas dormi, elle se transforme tout d’un coup en un autre bébé: elle n’aime pas le soleil, n’aime pas avoir chaud, n’aime pas sa poussette, n’aime pas les bras, veut marcher mais ne sait pas marcher, veut s’assoir mais ne veut pas rester en place…bref, vous voyez le portrait.

La bouffe
Au pays de la viande et des aliments transformés-sucrés, prévoyez votre coup ou alors, vivez avec votre conscience! Si vous n’avez rien prévu et que vous vous trouvez dans un petit village en montagne, vous pourrez tourner en rond longtemps avant de trouver quelque chose à se mettre sous la gencive…Ça pourrait se terminer en saucisson (ce qui n’est pas recommandé dans le «Mieux vivre avec son enfant» mais qui vous sauve une fin de journée!).

Les changements de couches
Parce que ça arrive tout le temps et beaucoup trop souvent. Sachez qu’il n’y a pas de Rest Area aux Canaries et encore moins sur les routes en lacet. Vous ne verrez plus jamais le coffre de votre voiture sous le même angle. À 2500 mètres d’altitude, sur le bord d’une falaise sans garde-fou, c’est une table à langer géniale!

La crème solaire
«Toute qu’un projet!» comme dirait l’autre. Cette activité devrait être considérée comme une discipline sportive. Ça nécessite beaucoup de souplesse, de rapidité, de contorsion et de respiration aussi! J’haïs ça mettre de la crème et bébé me le rend bien!

Le soleil
Au pays du soleil qui plombe, chercher de l’ombre devient un sport national. J’en ai déjà parlé dans le billet sur la poussette. J’ajouterai ici qu’il s’agit d’un grand sujet de tension dans notre couple. Oui, oui. On a les problèmes qu’on a!

Les chiens
Bébé adore les chiens. Elle crie de bonheur en les voyant et gesticule sans arrêt. En considérant qu’un Canarien sur deux a un chien, ça fait en sorte que bébé crie…tout le temps! Et comme il faut arrêter leur dire bonjour, la petite commission à l’épicerie tourne vite en pèlerinage.

Le plan Elle, c’est un peu tout ça. Non, il n’y a pas de longue randonnée de 8 heures consécutives, ni de souper au resto qui s’étire. Les plans prévus au départ changent tout le temps et les moments à lire pendant qu’elle dort sont plus probables que la sortie en mer à deux. Mais voyager avec elle reste quand même la plus merveilleuse expérience de ma vie. Elle est sourire et grand bonheur.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Disfrutar

Selon le WordReference Disfrutar, verbe espagnol utilisé à la tonne à Tenerife, signifie:

Effet de levier: profiter des vacances.
Possédant quelque chose de bon ou agréable.
Profiter, sentir la satisfaction.

Ce mot, c’est celui qui colle le plus à notre passage ici. Des petits matins où l’on prend son temps en famille, une randonnée et un sommet qui nous donne une nouvelle vue de l’île, une crème glacée artisanale achetée au coin de la rue ou un jus fraîchement pressé, vers les 14h, alors que le soleil est à son zénith. Bien sûr, nous espérons aussi de grandes aventures, des moments de paresse sans regret, des odeurs agréables de fleurs du printemps typiques de ce coin de pays… Après tout, disfrutar, c’est un peu tout ça!

Balade à la mer, repos à l’ombre lors d’une randonnée ou d’excellents tapas…autant de moments bons et agréables!

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur, Tenerife.

Ah... Ces touristes!

Après 4 semaines sur l’Île, on se sent un peu comme chez nous. On traverse le parc du Teide plusieurs fois par semaine, on connaît les raccourcis et on est même rendu super bon dans les routes en lacet. Ce qui fait que…

On s’impatiente avec tous ces touristes qui arrêtent n’importe où pour prendre des photos, au risque de créer un embouteillage ou un accident! Sans blague, on sent que la saison estivale débutera bientôt, il y a de plus en plus de monde… saviez-vous que la seule île de Tenerife, qui compte un peu plus de 800 000 habitants, accueille plus de 5 millions de touristes par année?

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Rendez-vous au crépuscule

Six semaines aux Canaries et jamais je n’ai pu apercevoir le soleil se coucher sur l’horizon, avalé par la mer. L’océan Atlantique nous chatouille les orteils, il nous entoure et pourrait nous avaler. Il n’y a que lui au bout de notre regard et pourtant, en quarante jours, jamais le soleil n’est disparu dans son infini.

coucher-de-soleil

Nous sommes sur la route, le ciel est couvert, il peut n’y avoir qu’une mince bande de nuages départageant le ciel de la mer, rien n’y fait. Jamais je n’ai observé le soleil disparaître derrière cette ligne parfaite, dans un perpétuel mouvement de la nature. Une nature à la fois banale et grandiose.

Publié le par Sébastien dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Une journée parfaite

Elle tient à bien peu de choses la journée parfaite. Pour certains, ce sera un moment précis et important qui gommera les aléas du quotidien. Pour d’autres, ce sera l’accumulation de petits bonheurs qui fera en sorte que ces 24 heures seront mémorables. On en a eu des journées parfaites, faites de grands moments : la naissance de notre fille ou le mariage de nos amis, par exemple.

Il ne manquait à mon tableau qu’une journée parfaite en famille à Tenerife. Ça s’est passé à Garachico, petite ville pittoresque reconnue pour son charme d’autrefois. L’ambiance, les gens, une terrasse à l’ombre avec un verre de blanc bien frais, un poisson grillé à la perfection et le meilleur mojo jamais goûté. Une balade dans le vieux port de la ville qui a été englouti par une coulée de lave en 1706, l’air marin et les piscines naturelles. La chaleur d’après-midi chassée par l’ombre des grands arbres et d’un magnifique couvent dans la plus belle place centrale visitée jusqu’à présent. Un lézard géant. Une baignade en fin de journée dans une petite crique située en plein coeur de la ville.

Vue de Garachico.

Il y a bébé qui rit avec les autres enfants. Et mon chum qui se baigne. Il y a le sentiment de vivre un petit bout d’éternité, de ne plus savoir l’heure qu’il est. Et c’est très bien comme ça. Elle tient à bien peu de choses la journée parfaite. Rien d’extraordinaire, juste une accumulation de petits moments délicieux.

Une ruine du port d’origine, la grande place et les piscines naturelles.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur, Tenerife.

Tenerife je t'aime, je te quitte

L’heure des bilans a sonné, maintenant qu’il est temps de partir vers d’autres découvertes. Merci Tenerife de m’avoir présenté tes habitants souriants qui m’ont tout de suite charmée. Merci pour ta nature si grande, si diversifiée. Tes volcans, leurs sommets, tes forêts de pins, tes sentiers, tes aires récréatives, ta flore. Tu es inspirante!

Si, par contre, je n’avais vu de toi que tes stations balnéaires, je n’aurais pas survécu. Parce que tu as aussi ce visage: constructions massives d’hôtels bon marché où joue du matin au soir une Macarena trop américanisée, odeur de crème solaire cheap à la noix de coco, touristes en bedaine se prenant pour les rois du monde, vendeurs de cossins et grandes chaines de restaurants.

Éternelle optimiste, je choisirai de me souvenir de toi avec le sentiment qu’on est bien petit face à la nature. Je me rappellerai aussi qu’il faut regarder plusieurs fois le même horizon pour enfin découvrir le vrai visage de ce qui nous entoure. Et quand la folie du quotidien m’aura rattrapée, je me souviendrai du temps qui s’est égrené lentement sur tes terres, au fil des randonnées et des siestes obligées, quand toute la vie s’arrête parce qu’il fait trop chaud.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Tenerife, Humeur.