Les pieds sur terre

J’ai fait ce que je nommerai ma randonnée du voyage. L’objectif projeté est de faire une virée de reconnaissance du parc rural d’Anagua afin d’y retourner avec l’équipe des filles. Situé dans le nord de l’île, ce massif a une certaine ressemblance avec celui de Teno. Ravins, escarpements, montagnes et falaises en bord de mer. De toute beauté!

Rien de bien compliqué, je traverse l’île du sud au nord par la TF-1. Costa Adeje, Los Cristianos, Güìmar, Candelaria, Santa Cruz, rejoindre la TF-12, une route en lacet. Je monte, je freine, je tourne, je traverse des tunnels, je descends, je retourne, je refreine… la routine.

J’ai au préalable identifié un sentier en boucle, Benijo / El Draguillo / Benijo, en empruntant le PR-TF 6.2 avec retour par le PR-TF 6.3, une randonnée de quelques kilomètres. Je pars en trombe, parcours le sentier bien rapidement et arrive à une fourche vers le PR-TF 6. À la vitesse à laquelle j’avance, j’estime que je pourrai compléter la randonnée rapidement et continuer mon exploration d’Anagua en fin d’après-midi. Bah, pourquoi pas!

Vous imaginez bien que ça n’a pas été aussi facile. J’ai vu toutes sortes de paysages, vécu toutes sortes d’émotions et bien humblement, j’avoue avoir eu peur!

La côte du parc rural d’Anagua, un dragonnier avec le Roque del Tierra en arrière-plan, le minuscule village de Roque Bermejo et le troupeau de chèvres que j’ai croisé à mon retour!

Le PR-TF 6 est une boucle qui relie les falaises de la côte nord du parc au phare d’Anagua, descend à la plage du très petit village de Roque Bermejo, accessible seulement par la mer ou par un minuscule sentier de montagne. Celui-ci grimpe abruptement au centre du massif jusqu’au village de Chamorga, redescend vers El Draguillo sous une forêt dense qui débouche à son tour sur une piste à flanc de montagne fréquentée par des chèvres sauvages. Un sentier en montagnes russes!

En marchant, je me fais la réflexion que ça doit être difficile d’emprunter cette piste lors d’intempéries car les falaises montrent des signes évidents d’érosion. Les lézards qui détallent à chacun de mes pas détachent quantités de cailloux et de la terre glisse vers la mer, plusieurs dizaines de mètres plus bas. Ma tendance au vertige n’améliorant rien, plus j’avance et plus mes réflexions sur les intempéries s’alignent sur la température en général. Le sentier n’est pas large et par endroit il n’existe carrément plus… J’ai tellement hyperventilé sur ce tronçon de quelques kilomètres que ma réserve d’eau y a presque passée. Hors de question de rebrousser chemin et de réemprunter ce sentier!

Heureux d’arriver à Roque Bermejo, je regarde le barranco et son fort dénivelé afin de rejoindre mon point de départ, la plage de Benijo. Cette seconde moitié du parcours se fera de nouveau à mon rythme. Niveau de la mer, sommet, niveau de la mer. Je m’exécute avec plaisir, au pas cadencé!

Publié le par Sébastien dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Montagne, Anagua.