Peur bleue

Le projet du jour : une petite randonnée en famille au parc rural de Teno. Selon les cartes, on calcule que c’est à environ une vingtaine de km de la maison. On part avec notre petit lunch, nos culottes courtes et notre petite bouteille d’eau. Après tout, ce n’est qu’une mini rando.

Un mot : amateurs.

Ça nous prendra plus de deux heures pour se rendre au point de départ, puisque la randonnée débute en montagne. Et ici, en montagne, ça veut dire les oreilles qui bouchent parce qu’on monte très haut. Ça veut aussi dire 10 degrés de moins à cause de l’altitude, du vent et du brouillard. Mais ça veut surtout dire une route infernale en lacet. Vous savez, de celle qui a une voie de large mais dans laquelle tu rencontres d’autres voitures? Celle qui est sur le bord d’une falaise d’où tu peux admirer la mer? Celle où les voitures qui montent ont la priorité donc, si tu descends, tu as intérêt à trouver un petit surplus dans l’accotement pour laisser passer l’autre? Celle-là.

Cliquez sur les deux petites images pour voir l’animation. Ça ne rend pas justice, on vous jure que c’était plus épeurant que ça!

Lorsqu’on est arrivé au point de départ de la randonnée, il faisait un froid de canard et une brume épaisse envahissait la montagne. C’était déjà l’heure de diner. Lili se pouvait plus, Chantaloue avait le coeur qui débattait et Sébas se demandait comment il allait partir en randonnée avec nous.

Donc on a viré de bord, mangé notre petit sandwich et décrété qu’avec le stress de la route en lacet, on avait déjà fait notre cardio anyway.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Montagne, Masca, Teno.

On l’a fait... Enfin!

Depuis deux semaines, d’épais nuages s’accrochent dans les montagnes situées au coeur de l’île. Il fait beau sur les plages, mais plus on s’approche des montagnes et du nord, plus la température chute et plus le gris s’en mêle.

Sébas avait en tête de faire une randonnée appelée «La monte del agua». On s’y est donc rendu une première fois. Cette fameuse fois où on avait rebroussé chemin à cause des routes en lacet, du mal de coeur et tout le tralala.

On a trouvé un chemin plus direct avec des routes plus praticables, même si elles tournent sur elles-mêmes plus souvent qu’autrement. Alors on s’y est rendu une deuxième fois. On avait quitté le sud avec un beau 25 degrés, nos shorts et nos lunettes de soleil. Arrivés au village d’Erjos, le point de départ de la randonnée, il faisait 7 degrés et un mur de brouillard nous bouchait la vue. On a rebroussé chemin.

On s’y est rendu une troisième fois, mieux équipés, avec coupe-vent et jeans. On ne voyait pas plus loin que le bout de notre nez et un crachin tombait sans arrêt. On a re-rebroussé chemin.

Ce matin, le ciel était complètement dégagé au sud, comme sur les montagnes. Alors que les touristes et les locaux profitaient de ce dimanche totalement ensoleillé pour occuper les plages et les piscines, que pensez-vous qu’on a fait? On a ressorti nos coupe-vent et on s’est attaqué à la route en lacet.

Même s’il faisait beau partout sur l’île, le village d’Erjos était enveloppé d’un fin brouillard. Pas une purée de pois, mais comme une aura de mystère. Qu’à cela de tienne, la quatrième fois serait la bonne!

Nous sommes entrés dans une forêt digne d’un film. Humide, dense, avec des arbres recouverts de mousse verte et de cheveux d’ange. Accrochées aux branches, des toiles d’araignées perlées d’eau brillent lorsqu’un peu de lumière passe à travers le brouillard. Avec le temps lourd, chaque son est plus important, plus rond. Comme si les oiseaux, les bourdons et autres petits lézards s’étaient donné le mot pour nous saluer.

La piste n’est pas difficile, on n’y va pas pour le défi sportif, mais pour l’ambiance. Bébé a fait une sieste d’enfer, je l’enviais presque! Dormir dans ces parfums de fleurs et de rosée, ça doit donner de très jolis rêves.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Teno.