Au menu aujourd’hui: Santa Cruz de Tenerife, la capitale de l’île. Première visite de musée pour Lili qui nous a éclairés sur les enjeux de l’art contemporain. Le TEA est un spacieux bâtiment de béton et de verre aux lignes modernes, avec une bibliothèque où tous les jeunes adultes de la ville vont s’aglutiner pour étudier. On était bien content qu’il soit ouvert car on a un peu de difficulté avec les horaires «variables» canariens. Congés sociaux, sieste, heure de repas, samedi, dimanche ou lundi, rien n’est jamais constant. Il faut se rendre à l’endroit prévu et espérer qu’il soit ouvert!
On a ensuite lunché dans une ruelle animée. Nous sommes tombés sur le D’vinos de Santa Cruz: trois jours de célébration du vin. Dégustations sur la place publique, restos et terrasses accueillant les festivaliers. C’est là que nous avons mangé nos premiers tapas (excellents) et un plat de pâtes un peu spécial (au miel). L’ambiance était géniale: les enfants couraient dans la ruelle, les gens du coin buvaient et mangeaient en se racontant mille histoires, les touristes se fondaient dans la masse. C’est une des choses qu’on aime beaucoup ici: la place faite à la famille et aux tout-petits.
Une longue marche sur la promenade du port a terminé cette journée. Encore une fois, ça fourmillait de monde: une promenade large comme un boulevard, des jeux pour les enfants et les adultes tout au long du parcours, des bancs pour se reposer…Inspirant!
Je suis pas mal heureux aujourd’hui! On s’est lancé sur la route du Parque nacional del Teide qui traverse l’île en son centre. Le Teide c’est un volcan de 3 718 mètres classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour y parvenir, on grimpe jusqu’à la Corona Forestal et ensuite on débouche sur le plateau où les coulées de lave et les monticules de roches s’entrecroisent.
Le pic du Teide culminant à une altitude de 3 718 m. La dernière éruption a eu lieu en 1909.
Chantale a pris la photo du flocon en solidarité à nos amis du Bas-Saint-Laurent. C’est la journée où on vous annonçait une bordée!
Nous avons fait le tour en voiture en nous promettant de revenir. À mesure qu’on grimpe vers le sommet, le mercure dégringole. On est passé de 25 degrés à Playa San Juan à 8 degrés en un peu plus d’une heure de route. Durant cette balade, on a vu des paysages magnifiques, grandioses. À certains moments, le décor était digne d’un western et, à d’autres, on se serait cru aux portes du Mordor. J’ai tellement utilisé le kodak que la batterie est morte!
Ce billet ne parlera pas de montagnes ou d’aventures rocambolesques. Ce billet, c’est notre quotidien puisqu’à chaque jour on en parle. Dans la catégorie des «Avoir su» et «J’aurais dû»: la poussette parapluie.
Achetée sur la route en allant prendre l’avion, elle est petite, légère, compacte. Sauf que. Sur une île où il pleut en moyenne 5 jours par année, où les vents arrivent directement de l’Atlantique et te font virevolter la jupette et le toupet; à cet endroit où le soleil plombe à partir de 7h du matin et où tu peux encore attraper un coup de soleil à 19h: une poussette parapluie ça ne sert à RIEN!
Naïfs, on s’est dit en l’achetant: «Au pire, on mettra de la crème solaire/des lunettes/un chapeau au bébé». Leçon numéro 1: la crème, ça a ses limites. Quant au chapeau, on l’a retrouvé dans le caniveau, accroché aux branches d’un arbre par un gentil passant ou dans la rue avec les souliers de bébé. Voyez-vous, nous avons une «Mademoiselle Liberté» qui n’est bien qu’en couche, le corps au grand vent (ça me rappelle vaguement quelqu’un!), les orteils qui respirent. Le timide pare-soleil de la poussette parapluie nous est d’aucune utilité. Et que dire des trottoirs en tuiles ou en céramiques? Notre poussette légère sans suspension, ça te secoue le bébé sur un vrai temps. Heureusement qu’elle se tient bien la tête.
Je vous entends: «Ce n’est pas si terrible»… C’est que vous n’avez pas vu les poussettes européennes! C’est là que le bas blesse! Double suspension, légères comme l’air, spacieuses (avec assez de rangement en dessous pour tout le bazar de la plage) avec ombrelle intégrée. Ces petites bêtes là roulent aussi bien sur les tuiles que dans le sable de la plage, font de l’ombre à ton bébé tout en laissant passer une légère brise. Classiques, elles traverseront le temps et les intempéries. Bref, les bébés européens roulent en Rolls Royce et notre mini se promène en Chevette. C’est mignon une Chevette. Mais pas tous les jours.
Notre système d’ombrelle versus l’ombrelle chic européenne.
Bajamar est une une petite localité située au nord de l’île de Tenerife qui comprend un espace urbain et une partie plus rurale au pied du parc d’Anaga. Le coin est reconnu pour ses piscines naturelles d’eau de mer favorisant la santé et la remise en forme. Nous avions prévu habiter à Bajamar durant 2 semaines. Lorsque nous sommes partis visiter ce coin de l’île, il faisait 25 degrés et un beau soleil à Playa San Juan. À Bajamar, nous avons dû mettre nos chandails chauds et nos manteaux. Même si le coin et les montagnes ont tout de suite plu à Sébas, l’équipe des filles l’a remporté en statuant que les montagnes, c’est bien pour une visite, mais que la chaleur, c’est encore mieux!
Une ballade improvisée nous a permis de profiter des paysages grandioses de Punta del Hidalgo, tout près de Bajamar. Nous avons emprunté un sentier qui longeait la mer pour ensuite grimper en montagne. Pendant qu’en bas les surfeurs défiaient les vagues, nous montions un peu plus haut, un peu plus loin, comme le dit la chanson.
Alors que nous prenions une pause-réflexion (On continue ou pas?) on a croisé un gars qui descendait la montagne en courant. Sûrement une pratique pour l’ultramarathon du parc rural d’Anaga: 45 km de course en montagne. Ça fouette l’orgueil. Alors on a continué jusqu’au sommet.
Je n’en avais jamais vu, c’est beau une fleur de cactus!
Une vue magnifique nous attendait. Petit repos en famille, on prend notre «Nectar de mangue» pour se donner de l’énergie (c’est pour faire chic, c’est juste du jus sucré en boîte). Et le revoilà, encore. Le gars qui descendait tantôt en courant, venait de remonter en courant!
Humilité.
J’ai rangé notre «Nectar de mangue» et on est reparti. Tout le long de la descente, alors que mes mollets tremblaient, je repensais à ce gars qui monte et descend en courant. Ça m’impressionne vraiment, les gens qui se dépassent physiquement!
Voici la vipérine de Tenerife, une plante endémique à l’île qui peut atteindre 3 mètres de hauteur. Elles sont magnifiques et leur nom anglais, Tower of jewels, est très évocateur! Elles poussent un peu partout sur le plateau du Teide, même sur le bord de la route où les touristes arrêtent leur voiture l’instant d’un selfie. On trouvait plus authentique de les photographier dans leur habitat naturel, à quelques 2 200 mètres d’altitude.
Lili a trouvé qu’il faisait plus frais aujourd’hui dans les montagnes.
On ne l’entend pas sur les photos, mais il y a dans ces massifs de fleurs des milliers d’abeilles et de guêpes qui butinent. Assez pour qu’on nous serve des avertissements tous les 100 mètres et rendre Chantale plutôt nerveuse.
Envie d’une petite promenade du dimanche, nous nous sommes rendus dans un village situé au sud de Santiago del Teide : El Molledo. Il s’agit en fait d’une minuscule agglomération de maisons, d’une petite église et d’une place publique. J’ai trouvé un endroit plus petit que Lots-Renversés, mon village de naissance où j’ai eu le plaisir de grandir. Oui, ça se peut.
L’objectif était de se rendre à la montagne blanche, un amas de roches vieux de 5 millions d’années qui tranche dans le décor de par sa couleur et sa forme. Ça sentait bon la fleur printanière, le sentier était magnifique, habillé de toutes les couleurs. Mais il n’y a pas que nous qui aimons ça on dirait! Une belle balade où le plus difficile a été d’éviter, encore une fois, de se faire attaquer par des guêpes.
Le Roque Blanco, une éruption volcanique de 5,5 millions d’années
Paradoxes canariens : Ça prend 1h faire le tour complet de l’Île, mais 1h30 pour trouver un stationnement dans la seule ville de Santa Cruz. #onvadevenirfou #tropdelumières #attentionpiétons
Vous voyagez avec un bébé? Oubliez le plan A et ne pensez même pas au plan B. Il faut se mettre au plan… Elle.
Elle est toute petite, mignonne à souhait. Elle fait des sourires à tout le monde, dit bonjour aux chiens, aux oiseaux, aux autres bébés, aux passants. Elle crie de bonheur quand le vent de la mer lui chatouille les orteils ou lorsqu’elle entend les vagues. Un bébé social et heureux.
Sauf que…
Le temps
Il prend une toute autre dimension. Vous prévoyez une randonnée, suivie d’une virée à la plage pour vous rafraichir? Pensez-y d’avance, faut préparer les bagages: des collations, des couches, du linge et encore du linge, pour des températures à 7 degrés en montagne ou à 25 degrés près de la mer, avec pluie, vent ou soleil, c’est ça la réalité de Tenerife.
Le dodo
Ne pensez pas faire une activité si vous avez sauté l’heure de la sieste. Si Lili n’a pas dormi, elle se transforme tout d’un coup en un autre bébé: elle n’aime pas le soleil, n’aime pas avoir chaud, n’aime pas sa poussette, n’aime pas les bras, veut marcher mais ne sait pas marcher, veut s’assoir mais ne veut pas rester en place…bref, vous voyez le portrait.
La bouffe
Au pays de la viande et des aliments transformés-sucrés, prévoyez votre coup ou alors, vivez avec votre conscience! Si vous n’avez rien prévu et que vous vous trouvez dans un petit village en montagne, vous pourrez tourner en rond longtemps avant de trouver quelque chose à se mettre sous la gencive…Ça pourrait se terminer en saucisson (ce qui n’est pas recommandé dans le «Mieux vivre avec son enfant» mais qui vous sauve une fin de journée!).
Les changements de couches
Parce que ça arrive tout le temps et beaucoup trop souvent. Sachez qu’il n’y a pas de Rest Area aux Canaries et encore moins sur les routes en lacet. Vous ne verrez plus jamais le coffre de votre voiture sous le même angle. À 2500 mètres d’altitude, sur le bord d’une falaise sans garde-fou, c’est une table à langer géniale!
La crème solaire
«Toute qu’un projet!» comme dirait l’autre. Cette activité devrait être considérée comme une discipline sportive. Ça nécessite beaucoup de souplesse, de rapidité, de contorsion et de respiration aussi! J’haïs ça mettre de la crème et bébé me le rend bien!
Le soleil
Au pays du soleil qui plombe, chercher de l’ombre devient un sport national. J’en ai déjà parlé dans le billet sur la poussette. J’ajouterai ici qu’il s’agit d’un grand sujet de tension dans notre couple. Oui, oui. On a les problèmes qu’on a!
Les chiens
Bébé adore les chiens. Elle crie de bonheur en les voyant et gesticule sans arrêt. En considérant qu’un Canarien sur deux a un chien, ça fait en sorte que bébé crie…tout le temps! Et comme il faut arrêter leur dire bonjour, la petite commission à l’épicerie tourne vite en pèlerinage.
Le plan Elle, c’est un peu tout ça. Non, il n’y a pas de longue randonnée de 8 heures consécutives, ni de souper au resto qui s’étire. Les plans prévus au départ changent tout le temps et les moments à lire pendant qu’elle dort sont plus probables que la sortie en mer à deux. Mais voyager avec elle reste quand même la plus merveilleuse expérience de ma vie. Elle est sourire et grand bonheur.
Après trois semaines à Playa San Juan, nous avons déménagé nos pénates quelques km plus au sud à Callao Salvaje. Puisque nous passons la plupart de nos soirées à la maison (souper-bain-dodo), nous nous sommes payés le luxe d’une magnifique terrasse qui donne sur la piscine…et la mer! Le bruit des vagues à portée d’oreilles, le vent du large et la vue sur les bateaux, les dauphins et les baleines. Bon, on n’a pas encore vu de dauphins ni de baleines, mais c’est ce que l’annonce nous promettait! Y a pire…