On l’a fait... Enfin!

Depuis deux semaines, d’épais nuages s’accrochent dans les montagnes situées au coeur de l’île. Il fait beau sur les plages, mais plus on s’approche des montagnes et du nord, plus la température chute et plus le gris s’en mêle.

Sébas avait en tête de faire une randonnée appelée «La monte del agua». On s’y est donc rendu une première fois. Cette fameuse fois où on avait rebroussé chemin à cause des routes en lacet, du mal de coeur et tout le tralala.

On a trouvé un chemin plus direct avec des routes plus praticables, même si elles tournent sur elles-mêmes plus souvent qu’autrement. Alors on s’y est rendu une deuxième fois. On avait quitté le sud avec un beau 25 degrés, nos shorts et nos lunettes de soleil. Arrivés au village d’Erjos, le point de départ de la randonnée, il faisait 7 degrés et un mur de brouillard nous bouchait la vue. On a rebroussé chemin.

On s’y est rendu une troisième fois, mieux équipés, avec coupe-vent et jeans. On ne voyait pas plus loin que le bout de notre nez et un crachin tombait sans arrêt. On a re-rebroussé chemin.

Ce matin, le ciel était complètement dégagé au sud, comme sur les montagnes. Alors que les touristes et les locaux profitaient de ce dimanche totalement ensoleillé pour occuper les plages et les piscines, que pensez-vous qu’on a fait? On a ressorti nos coupe-vent et on s’est attaqué à la route en lacet.

Même s’il faisait beau partout sur l’île, le village d’Erjos était enveloppé d’un fin brouillard. Pas une purée de pois, mais comme une aura de mystère. Qu’à cela de tienne, la quatrième fois serait la bonne!

Nous sommes entrés dans une forêt digne d’un film. Humide, dense, avec des arbres recouverts de mousse verte et de cheveux d’ange. Accrochées aux branches, des toiles d’araignées perlées d’eau brillent lorsqu’un peu de lumière passe à travers le brouillard. Avec le temps lourd, chaque son est plus important, plus rond. Comme si les oiseaux, les bourdons et autres petits lézards s’étaient donné le mot pour nous saluer.

La piste n’est pas difficile, on n’y va pas pour le défi sportif, mais pour l’ambiance. Bébé a fait une sieste d’enfer, je l’enviais presque! Dormir dans ces parfums de fleurs et de rosée, ça doit donner de très jolis rêves.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Teno.

Pas de quoi s’énerver

Vendredi passé, je suis parti sans les filles. L’objectif de la journée est de me rendre au promontoire de la Montagne Blanche. Le sentier mène aussi au Teide, mais il est tard, pas le temps d’en faire l’ascension car on me dit que ça prend 10 heures allez-retour. Zut, j’ai oublié la caméra à la maison. Pas grave j’ai mon téléphone, il fait beau, j’ai un fond de gourde d’eau, je décolle.

Je croise quelques randonneurs, j’en dépasse d’autres, ça va bien. J’arrive au belvédère en 45 minutes, la moitié du temps requis. Au loin se profile le sommet du Teide et la fourche qui y mène est à quelques pas… Au diable, j’y vais! À partir de la Montagne Blanche ça monte solide, entre la moraine et les coulées de lave. Je croise des gens lourdement chargé qui se rendent au refuge Altavista. On suggère d’y passer la nuit afin de voir le lever du soleil sur l’archipel ce qui ne doit pas être décevant.

Le téléphérique, une boule de lave qui a déboulée du Teide à la Montagne Blanche et les fameux nuages dont Chantale parle souvent.

J’arrive au presque-sommet du Teide. Presque parce qu’en bon touriste peu informé, je ne sais pas qu’on doit obligatoirement avoir obtenu un permis afin de franchir les derniers mètres menant au cratère. La première place disponible nous mène au début juillet, pas de chance. Le sommet est une zone protégée et seulement 50 personnes par jours peuvent y accéder.

Il faut savoir qu’il y a environ 5 millions de touristes qui se rendent chaque année sur Tenerife et que le Teide est un des principaux attraits de l’île. On a donc construit un téléphérique pour faciliter l’accès au sommet le plus élevé d’Espagne. En 8 minutes, on vous dépose à 3 555 m. Si vous avez un permis, vous le présentez au garde, accompagné de votre passeport, et de là vous parcourez les derniers mètres jusqu’à la couronne du volcan. Ce que je n’ai pu faire, misère!

Au final, j’ai complété la randonnée en 5 heures, une marche de 20 km avec 1 200 m de dénivelé. Je suis arrivé à la maison, poussiéreux, juste à temps pour l’apéro (après avoir bu 2 litres d’eau). Pas de quoi s’énerver!

Publié le par Sébastien dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Montagne, Teide.

Disfrutar

Selon le WordReference Disfrutar, verbe espagnol utilisé à la tonne à Tenerife, signifie:

Effet de levier: profiter des vacances.
Possédant quelque chose de bon ou agréable.
Profiter, sentir la satisfaction.

Ce mot, c’est celui qui colle le plus à notre passage ici. Des petits matins où l’on prend son temps en famille, une randonnée et un sommet qui nous donne une nouvelle vue de l’île, une crème glacée artisanale achetée au coin de la rue ou un jus fraîchement pressé, vers les 14h, alors que le soleil est à son zénith. Bien sûr, nous espérons aussi de grandes aventures, des moments de paresse sans regret, des odeurs agréables de fleurs du printemps typiques de ce coin de pays… Après tout, disfrutar, c’est un peu tout ça!

Balade à la mer, repos à l’ombre lors d’une randonnée ou d’excellents tapas…autant de moments bons et agréables!

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur, Tenerife.

L’art du pique-nique

C’est dimanche, il fait beau, les familles canariennes se préparent pour un art qu’elles maîtrisent à merveille: le pique-nique. Oubliez les sandwichs pas de croûtes et les serviettes en papier. Ici, le pique-nique, c’est du sérieux! Plusieurs aires récréatives se retrouvent au coeur des villages ou plus en forêt: en bordure du parc national du Teide ou dans la Couronne Forestière. On y retrouve de grands foyers en pierre, des tables en bois, des jeux pour les enfants…et c’est là que le plaisir commence. Les familles débarquent: du petit dernier à l’arrière-grand-mère qu’on emmène dans sa chaise roulante. Les glacières de viande, de rafraichissements et de vin s’empilent, les nappes se déroulent sur les tables, les sacs de patates roulent jusqu’au bbq géant…le feu s’allume, on sort une guitare, on chante, on danse, on boit, on mange en famille. Le bonheur.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Tenerife.

En randonnée

Le plus difficile, quand on veut faire une randonnée, c’est de trouver un sentier qui plaira aux trois. La délicate question de la température refait ici surface. Les autres facteurs qui entrent en ligne de compte: le sommet convoité, la longueur du sentier et…

Il faut un sentier avec de l’ombre pour Lili, un dénivelé intéressant mais pas trop hot quand même pour Chantale et un dénivelé intéressant et assez hot pour Sébas. Il faut une vue, des paysages changeants et, tant qu’à y être, un petit coin bucolique pour s’arrêter lorsque bébé ne se pourra plus d’être dans le sac de portage. On aimerait bien faire le sentier qui promet un paysage lunaire extraordinaire. Mais il faudra une journée nuageuse, puisque Lili ne supportera pas le 30 degrés avec soleil pendant 4 heures. On voudrait aussi aller dans le parc d’Anaga, mais comme c’est à l’autre bout de l’île, si on y va, ce sera pour quelques jours… Parce que se taper la route aller-retour, la randonnée et trois repas sur le pouce dans la même journée, ce sera un peu trop dans le top endurance de notre mignonnette de 11 mois. Bref, faut s’ajuster!

Petite pause à l’ombre des pins canariens.

Dans le top 10 des belles ballades, notons le tour du Chyniero: le dernier volcan à être entré en éruption sur l’île, soit en 1909. Situé dans la Couronne Forestière qui entoure le Parc national du Teide, cette randonnée nous a permis de marcher à travers une pinède autant que sur une coulée de lave. De l’ombre, du soleil, des paysages à couper le souffle, toute la petite famille étant contente! Avec une surface de presque 50 000 hectares, la Couronne Forestière est le plus grand espace protégé des Îles Canaries. On y retrouve des espèces endémiques à l’île dont le pin canarien. Pour les curieux, vous trouverez plus d’informations ici. On a aussi beaucoup apprécié Erjos, Punta del Hidalgo et El Molledo.

Les coulées de lave et les grands pins du Chyniero.

Au top 3 des randonnées plus difficiles: une journée dans le parc du Teide. Soleil, chaleur intense, pas de vue intéressante avant la fin. On a trouvé une seule grosse roche sur notre route pour prendre une pause à l’ombre (l’équipe des filles était on ne peut plus rouge). On n’a même pas eu le temps de se rendre au sommet…déception pour Sébas. On est revenu dans une crise de larmes de bébé qui ne se pouvait plus. Ça nous a coûté 12 euros (18$ CAD) en collation pour la calmer!

Ce qui est génial sur l’île c’est qu’il y a des sentiers partout. Ils sont aussi accessibles gratuitement et en tout temps. Le défi consiste à les trouver: de simples marques sur les pierres délimitent les sentiers, les cartes touristiques ne sont pas à l’échelle et, comme il n’y a pas nécessairement de stationnements prévus ou d’affiches, on peut chercher longtemps le début d’une piste. On en a encore beaucoup à découvrir… Comme le disait Forest Gump, c’est un peu comme une boite de chocolats: on ne sait jamais sur quoi on va tomber!

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Montagne, Tenerife.

Ah... Ces touristes!

Après 4 semaines sur l’Île, on se sent un peu comme chez nous. On traverse le parc du Teide plusieurs fois par semaine, on connaît les raccourcis et on est même rendu super bon dans les routes en lacet. Ce qui fait que…

On s’impatiente avec tous ces touristes qui arrêtent n’importe où pour prendre des photos, au risque de créer un embouteillage ou un accident! Sans blague, on sent que la saison estivale débutera bientôt, il y a de plus en plus de monde… saviez-vous que la seule île de Tenerife, qui compte un peu plus de 800 000 habitants, accueille plus de 5 millions de touristes par année?

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Rendez-vous au crépuscule

Six semaines aux Canaries et jamais je n’ai pu apercevoir le soleil se coucher sur l’horizon, avalé par la mer. L’océan Atlantique nous chatouille les orteils, il nous entoure et pourrait nous avaler. Il n’y a que lui au bout de notre regard et pourtant, en quarante jours, jamais le soleil n’est disparu dans son infini.

coucher-de-soleil

Nous sommes sur la route, le ciel est couvert, il peut n’y avoir qu’une mince bande de nuages départageant le ciel de la mer, rien n’y fait. Jamais je n’ai observé le soleil disparaître derrière cette ligne parfaite, dans un perpétuel mouvement de la nature. Une nature à la fois banale et grandiose.

Publié le par Sébastien dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur.

Les pieds sur terre

J’ai fait ce que je nommerai ma randonnée du voyage. L’objectif projeté est de faire une virée de reconnaissance du parc rural d’Anagua afin d’y retourner avec l’équipe des filles. Situé dans le nord de l’île, ce massif a une certaine ressemblance avec celui de Teno. Ravins, escarpements, montagnes et falaises en bord de mer. De toute beauté!

Rien de bien compliqué, je traverse l’île du sud au nord par la TF-1. Costa Adeje, Los Cristianos, Güìmar, Candelaria, Santa Cruz, rejoindre la TF-12, une route en lacet. Je monte, je freine, je tourne, je traverse des tunnels, je descends, je retourne, je refreine… la routine.

J’ai au préalable identifié un sentier en boucle, Benijo / El Draguillo / Benijo, en empruntant le PR-TF 6.2 avec retour par le PR-TF 6.3, une randonnée de quelques kilomètres. Je pars en trombe, parcours le sentier bien rapidement et arrive à une fourche vers le PR-TF 6. À la vitesse à laquelle j’avance, j’estime que je pourrai compléter la randonnée rapidement et continuer mon exploration d’Anagua en fin d’après-midi. Bah, pourquoi pas!

Vous imaginez bien que ça n’a pas été aussi facile. J’ai vu toutes sortes de paysages, vécu toutes sortes d’émotions et bien humblement, j’avoue avoir eu peur!

La côte du parc rural d’Anagua, un dragonnier avec le Roque del Tierra en arrière-plan, le minuscule village de Roque Bermejo et le troupeau de chèvres que j’ai croisé à mon retour!

Le PR-TF 6 est une boucle qui relie les falaises de la côte nord du parc au phare d’Anagua, descend à la plage du très petit village de Roque Bermejo, accessible seulement par la mer ou par un minuscule sentier de montagne. Celui-ci grimpe abruptement au centre du massif jusqu’au village de Chamorga, redescend vers El Draguillo sous une forêt dense qui débouche à son tour sur une piste à flanc de montagne fréquentée par des chèvres sauvages. Un sentier en montagnes russes!

En marchant, je me fais la réflexion que ça doit être difficile d’emprunter cette piste lors d’intempéries car les falaises montrent des signes évidents d’érosion. Les lézards qui détallent à chacun de mes pas détachent quantités de cailloux et de la terre glisse vers la mer, plusieurs dizaines de mètres plus bas. Ma tendance au vertige n’améliorant rien, plus j’avance et plus mes réflexions sur les intempéries s’alignent sur la température en général. Le sentier n’est pas large et par endroit il n’existe carrément plus… J’ai tellement hyperventilé sur ce tronçon de quelques kilomètres que ma réserve d’eau y a presque passée. Hors de question de rebrousser chemin et de réemprunter ce sentier!

Heureux d’arriver à Roque Bermejo, je regarde le barranco et son fort dénivelé afin de rejoindre mon point de départ, la plage de Benijo. Cette seconde moitié du parcours se fera de nouveau à mon rythme. Niveau de la mer, sommet, niveau de la mer. Je m’exécute avec plaisir, au pas cadencé!

Publié le par Sébastien dans le carnet Canaries et étiqueté Randonnée, Montagne, Anagua.

Une journée parfaite

Elle tient à bien peu de choses la journée parfaite. Pour certains, ce sera un moment précis et important qui gommera les aléas du quotidien. Pour d’autres, ce sera l’accumulation de petits bonheurs qui fera en sorte que ces 24 heures seront mémorables. On en a eu des journées parfaites, faites de grands moments : la naissance de notre fille ou le mariage de nos amis, par exemple.

Il ne manquait à mon tableau qu’une journée parfaite en famille à Tenerife. Ça s’est passé à Garachico, petite ville pittoresque reconnue pour son charme d’autrefois. L’ambiance, les gens, une terrasse à l’ombre avec un verre de blanc bien frais, un poisson grillé à la perfection et le meilleur mojo jamais goûté. Une balade dans le vieux port de la ville qui a été englouti par une coulée de lave en 1706, l’air marin et les piscines naturelles. La chaleur d’après-midi chassée par l’ombre des grands arbres et d’un magnifique couvent dans la plus belle place centrale visitée jusqu’à présent. Un lézard géant. Une baignade en fin de journée dans une petite crique située en plein coeur de la ville.

Vue de Garachico.

Il y a bébé qui rit avec les autres enfants. Et mon chum qui se baigne. Il y a le sentiment de vivre un petit bout d’éternité, de ne plus savoir l’heure qu’il est. Et c’est très bien comme ça. Elle tient à bien peu de choses la journée parfaite. Rien d’extraordinaire, juste une accumulation de petits moments délicieux.

Une ruine du port d’origine, la grande place et les piscines naturelles.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Humeur, Tenerife.

Un cadeau de Tenerife

Voilà maintenant 44 jours que nous sommes sur l’île de Tenerife à la parcourir du nord au sud, de l’est à l’ouest. 44 soirées à regarder le soleil se coucher dans une bande de nuages à l’horizon. 44 journées à admirer la mer et ses voiliers qui paradent devant notre terrasse.

On croyait connaître son horizon par coeur. Mais aujourd’hui, Tenerife nous a fait un beau cadeau en nous montrant son vrai visage.

Le temps était plus clair que d’habitude, pas une once de vent, un soleil de feu. Impossible de partir en randonnée par une pareille chaleur, nous avons sauté dans la voiture et remonté l’île jusqu’au parc d’Anaga. De là, nous avons emprunté la route panoramique qui part du nord jusqu’au Teide, derniers km à parcourir dans le parc. Située à 2 000 mètres d’altitude, la route panoramique offre une vue à 360 degrés puisque de chaque côté, les falaises descendent jusqu’à la mer. En bas de nous, des nuages, des villes et des villages. Et là, dans la mer, comme une apparition…

Les îles voisines: La Palma, El Hierro, Gran Canaria. Elles étaient là depuis le début, mais on ne les avait jamais vues. Pendant qu’on avait l’impression de voir l’horizon infini à partir de notre balcon, on ne voyait en fait qu’un mur d’humidité qui nous cachait les îles. Elles étaient toutes proches, elles étaient magnifiques, comme si elles avaient été déposées dans la mer par une main de géant.

Ce matin, elles ont disparu. Nous sommes revenus à «l’horizon infini». Cependant, on sait maintenant qu’elles sont là, tout près, cachées derrière ce «mur d’horizon». Comme un secret bien gardé que Tenerife, le temps d’une journée, nous a partagé.

Publié le par Chantale dans le carnet Canaries et étiqueté Tenerife.